La sculpture du Hifly AT606 repose sur cinq rangées fonctionnelles séparées par quatre rainures sinueuses. Cette fragmentation donne au centre une rigidité longitudinale inférieure à celle d’une bande continue: l’empreinte peut s’adapter localement aux irrégularités, mais elle oppose moins de résistance aux efforts de cisaillement rencontrés lors des freinages et des changements rapides de direction sur chaussée.
Le tracé ondulant des rainures crée des vis-à-vis irréguliers entre pavés. Sous charge, ces parois peuvent se rapprocher et se soutenir ponctuellement, ce qui limite en partie le déplacement indépendant des blocs. Cette géométrie engendre toutefois des concentrations de contrainte aux rétrécissements et aux angles des pavés polygonaux.
La forte lamellisation divise la flexion de chaque pavé en plusieurs petites zones mobiles. Elle évite qu’un bloc ne travaille uniquement comme une pièce massive articulée à sa base, mais augmente les mouvements internes de la gomme. À vitesse routière, cette mobilité favorise l’hystérésis, l’échauffement et l’arrondissement progressif des arêtes. Elle contribue ainsi au compromis énergétique exprimé par la classe D.
La différence de gabarit entre les éléments centraux étroits et les larges blocs d’épaule crée un gradient de rigidité. Le centre réagit avec davantage de souplesse aux petites sollicitations, tandis que les épaules supportent mieux une charge latérale élevée. Les entailles transversales des épaules introduisent néanmoins un effet de charnière: la prise d’appui en virage peut être moins immédiate que sur une épaule semi-continue.
L’absence de bande centrale pleine signifie également que le contact longitudinal se transmet successivement d’un pavé à l’autre. Le décalage des motifs évite une entrée en contact simultanée suivant une ligne transversale unique, mais les alternances entre gomme et vides peuvent générer de légères pulsations et une sonorité plus grave. Le niveau annoncé de 72 dB reste cohérent avec cette architecture à blocs ouverts.
Sur chaussée mouillée, la classe d’adhérence D montre que la présence de nombreuses découpes ne se traduit pas automatiquement par un freinage court. La mobilité des pavés, la discontinuité du contact central et la réduction de surface porteuse peuvent limiter la transmission des efforts longitudinaux, particulièrement lors d’un freinage appuyé.