La géométrie du Proxes T1 Sport se distingue par une forte hiérarchie entre les vides: quatre rainures circonférentielles occupent l’essentiel du creux, tandis que les découpes secondaires restent peu nombreuses et nettement plus courtes. Cette répartition donne un rapport plein/creux contrasté. Les rainures principales retranchent une part sensible de surface de gomme dans la zone centrale, alors que l’une des épaules conserve des plages pleines beaucoup plus importantes. À l’arrêt, la pression ne peut donc pas se répartir de manière parfaitement uniforme entre les différentes bandes longitudinales: les éléments les plus étroits présentent davantage de périmètre libre par unité de surface, tandis que les grands pavés périphériques offrent une réserve de matière supérieure.
La faible densité de lamelles fines est un trait déterminant. Les bandes centrales ne sont pas divisées en une multitude de petits éléments souples et conservent de longues plages de gomme ininterrompues. Cette architecture réduit le nombre de pointes et de fonds de découpe susceptibles de concentrer localement les contraintes. En contrepartie, elle fournit peu de petites arêtes capables d’accrocher les aspérités très fines d’une chaussée froide, polie ou légèrement contaminée.
La nervure centrale étroite possède un rapport périmètre/surface élevé puisqu’elle est bordée par deux rainures et seulement ponctuée de petites entailles obliques. En rotation, ses flancs exposés peuvent céder plus facilement leur chaleur à l’air circulant dans les rainures voisines. Sa faible largeur signifie toutefois qu’une variation de charge au sommet de l’empreinte peut y produire une contrainte moyenne plus élevée que sur une bande plus large. Elle constitue ainsi une zone à surveiller pour l’usure axiale: une sollicitation excessive du centre marquerait rapidement cet élément relativement mince.
Les quatre canaux parallèles peuvent également agir comme des conduits acoustiques. Leur longueur et leur continuité favorisent des résonances de colonne d’air ainsi qu’un pompage régulier à l’entrée et à la sortie de l’empreinte. Les entailles obliques et les rainures courbes des épaules rompent partiellement cette répétition en décalant l’instant où les différentes arêtes rencontrent le sol. Le résultat attendu est moins un silence absolu qu’un étalement du spectre sonore, avec une réduction possible du caractère strictement tonal produit par quatre cavités longitudinales similaires.
L’épaule munie de rainures transversales courbes n’entre pas en contact comme une rangée de pavés à bords droits. Une arête courbe se pose progressivement, d’un point vers l’autre, ce qui étale l’impact temporel et limite les impulsions sèches. Cette obliquité impose cependant une répartition non uniforme du cisaillement entre les deux extrémités de chaque pavé. À mesure que la gomme vieillit, elle peut favoriser une usure légèrement en biais plutôt qu’une abrasion parfaitement parallèle au bord du bloc.
L’autre épaule, davantage ponctuée de petites encoches, multiplie les interruptions de bord sans atteindre la densité d’un dessin fortement lamellisé. Ces encoches augmentent localement le nombre d’arêtes et fractionnent les impacts de roulement, mais leurs extrémités forment aussi des points où les contraintes cycliques se concentrent. L’usure peut donc évoluer différemment entre les deux côtés: la zone la plus découpée tend à arrondir plus vite ses petites arêtes, tandis que l’épaule aux pavés larges conserve plus longtemps une géométrie pleine mais peut développer un gradient d’abrasion au voisinage de ses rainures courbes.
La continuité longitudinale dominante et la rareté des lamelles limitent enfin les mouvements internes de très faible amplitude qui dissipent de l’énergie à chaque passage dans l’empreinte. Cela peut contenir l’échauffement superficiel des bandes lors d’un roulage régulier. Les bords des quatre grandes rainures restent néanmoins des lignes de flexion répétées: la dissipation se concentre davantage le long de ces interfaces que dans le milieu des plages pleines. Cette sculpture privilégie donc une bande composée de quelques éléments bien individualisés plutôt qu’une multitude de petits pavés, avec pour contreparties un rapport de gomme au sol réduit au centre, une faible densité d’arêtes fines et des comportements d’usure distincts entre les deux épaules.