La géométrie du H08 s’appuie davantage sur des arêtes macroscopiques que sur une multiplication de fines incisions. La faible densité de lamelles laisse de larges surfaces de gomme peu interrompues, mais fournit peu de micro-arêtes lorsque le sol devient givré ou couvert de neige tassée. Les arêtes anguleuses des pavés compensent partiellement ce déficit sur les revêtements grossiers, sans donner au dessin les capacités d’accrochage d’une sculpture hivernale.
La segmentation des rangées centrales présente un autre effet particulier: aucune arête longitudinale pleine ne peut rester durablement engagée dans une saignée de chaussée. Le pneu devrait donc moins suivre les raccords de revêtement et les rainures creusées par le trafic qu’un dessin doté d’une côte centrale continue. En contrepartie, chaque pavé possède un bord d’entrée et un bord de sortie distincts. Sous des séquences répétées d’accélération et de freinage, cette succession peut favoriser une différence d’usure entre les deux extrémités des pavés centraux.
Le contour extérieur légèrement crénelé donne aux épaules plusieurs points d’attaque lorsque la roue mord ponctuellement un accotement gravillonné ou meuble. Ces angles extérieurs restent cependant plus exposés aux chocs contre les bordures et à l’écaillage que le bord lisse d’une épaule entièrement fermée.
Enfin, les portions longitudinales quasi rectilignes peuvent retenir certains gravillons de forme allongée. Les raccordements transversaux et obliques créent néanmoins des changements de section et d’orientation susceptibles d’aider ces corps étrangers à pivoter puis à ressortir au fil des cycles d’ouverture de la sculpture. Le résultat dépendra de leur diamètre: les petits éléments disposent de voies de dégagement, tandis qu’un caillou ajusté à la largeur d’un canal peut rester temporairement coincé.