Le caractère distinctif de cette sculpture vient de sa faible fragmentation. La partie centrale et les zones intermédiaires sont constituées de rubans de gomme presque continus, seulement interrompus par quelques incisions obliques. Cette architecture laisse peu de petits pavés autonomes et peu de coins libres susceptibles d’emprisonner des gravillons.
Trois lignes longitudinales principales sont perceptibles dans le dessin, mais le vide n’est pas réparti uniformément: il se concentre dans ces sillons et dans les découpes incurvées. Les terres restent donc compactes entre deux rainures. En contrepartie, ces longues limites parallèles au sens de marche peuvent rendre le pneu plus sensible aux joints longitudinaux, aux chaussées fraisées et aux ornières étroites.
La lamellisation est faible et irrégulièrement répartie. Le nombre limité de petites lèvres préserve une géométrie simple, avec moins d’interstices où peuvent se loger les débris. Il fournit toutefois peu d’arêtes fines capables de s’accrocher à une pellicule de neige, au givre ou à une chaussée très froide et faiblement rugueuse. Le dessin reste ainsi nettement spécialisé pour les surfaces estivales.
Les épaules présentent de larges segments séparés par des sillons obliques assez espacés. Les ouvertures placées au bord de la bande peuvent expulser plus facilement les petits débris qui y pénètrent, mais leurs extrémités constituent aussi des points sollicités lors d’un fort ripage latéral. Une conduite répétée avec de grands angles de dérive peut donc marquer plus rapidement les lèvres de ces sillons que le milieu des segments d’épaule.
Enfin, l’orientation imposée par le motif limite les permutations possibles entre les roues. Un échange d’un côté à l’autre exige de conserver le bon sens de rotation, éventuellement par un démontage des enveloppes. Un montage inversé modifierait la séquence d’entrée en contact des entailles incurvées et ne respecterait pas la logique géométrique du dessin.