L’architecture du Landair AT T-110 privilégie la déformabilité contrôlée des éléments plutôt que la rigidité d’une nervure centrale pleine. Les pavés centraux jointifs conservent une certaine continuité de contact, mais leurs limites obliques et leurs nombreuses lamelles leur permettent de pivoter légèrement sous un effort longitudinal. Cette mobilité peut adoucir les réactions sur un revêtement granuleux, au prix d’une réponse moins nette lors d’un freinage appuyé sur asphalte sec.
Les quatre rainures sinueuses isolent plusieurs rangées de gomme sans créer de longues bandes parfaitement rectilignes. Les points de contact sont donc répartis entre des pavés décalés, ce qui évite qu’une seule ligne de blocs reçoive toute la sollicitation. En contrepartie, la proportion importante de vides réduit la surface de gomme immédiatement mobilisable sur une chaussée lisse.
La forte densité de lamelles transforme les pavés polygonaux en éléments relativement souples. Sous charge, leurs petites sections peuvent mieux épouser les aspérités fines, mais elles génèrent aussi davantage de mouvements internes et d’hystérésis. Sur route rapide, cela peut se traduire par une direction moins incisive, un échauffement supérieur et une résistance au roulement plus marquée qu’avec des blocs peu découpés.
Les épaules conservent des pavés assez volumineux, mais les entailles transversales jouent le rôle de charnières locales. Le passage d’un bloc d’épaule au suivant est ainsi moins brutal sur les raccords de chaussée. Lorsque l’effort latéral devient élevé, ces mêmes articulations autorisent toutefois une légère rotation des pavés, ce qui limite la précision du premier mouvement de volant.
Enfin, la succession régulière des chevrons produit une entrée en contact progressive depuis l’axe vers les côtés. Cela peut modérer les chocs de contact, tandis que les rangées décalées et les rainures sinueuses dispersent les fréquences acoustiques. Le réseau très découpé reste néanmoins susceptible de produire un grondement large bande sur les revêtements grossiers, ainsi que des claquements ponctuels lorsque de petits gravillons retenus entre deux blocs sont libérés.