Le HW505 privilégie une bande de roulement très articulée plutôt qu’un chemin de gomme rigide. Le centre composé d’éléments indépendants répartit les efforts entre plusieurs arêtes successives: cette architecture peut épouser finement une surface irrégulière ou une neige compactée, mais elle offre moins de continuité pour transmettre instantanément un effort de freinage ou de braquage sur sol sec.
Le rapport entre les creux et la gomme paraît assez élevé dans la moitié centrale. Une telle répartition laisse de la capacité aux canaux pour recevoir momentanément de l’eau ou de la neige déstructurée. En contrepartie, la surface porteuse est divisée en petites unités dont les arêtes risquent de s’arrondir plus rapidement lorsque le pneu est fréquemment sollicité par de forts couples longitudinaux.
Les raccordements entre les canaux obliques et les quatre sillons ondulés forment plusieurs voies d’écoulement, mais aussi des changements de direction et de section. Sous une lame d’eau importante, ces jonctions peuvent devenir des étranglements hydrauliques: le dessin dispose de nombreux passages, sans pour autant présenter de larges conduits rectilignes offrant une sortie peu contrariée.
La multiplication des entailles fines augmente la mobilité superficielle de chaque pavé. Sur neige tassée, les lèvres ainsi créées peuvent multiplier les points de cisaillement. Sur chaussée sèche, cette même mobilité introduit du retard entre la sollicitation appliquée à la carcasse et la stabilisation de l’empreinte. Le conducteur peut donc percevoir une réponse moins nette autour du point milieu et davantage de mouvement lors d’un freinage appuyé.
Les blocs d’épaule conservent plus de matière que les éléments centraux, ce qui limite leur écrasement sous charge latérale. Leur découpage oblique empêche toutefois la formation d’un anneau périphérique réellement rigide. En virage, l’appui devrait ainsi monter de façon progressive plutôt que franche, avec une précision inférieure à celle d’une épaule fermée. Les arêtes obliques des épaules peuvent également alterner charge et décharge à chaque passage dans l’empreinte, ce qui favorise un arrondissement différencié de leurs bords en usage routier soutenu.
L’attaque oblique des rangées de pavés espace dans le temps les impacts au sol et peut atténuer les chocs secs produits par une rangée transversale droite. Le retour périodique des chevrons conserve néanmoins un risque de tonalité de roulement, surtout lorsque leurs arêtes deviennent moins vives avec l’usure.
Enfin, l’architecture imposant un sens de rotation réduit les possibilités de permutation sans démontage. Cette contrainte peut compliquer la compensation d’une usure propre à un essieu ou à un côté du véhicule. Elle rend aussi le respect du montage particulièrement important, car une inversion du sens prévu modifierait le cheminement de l’eau dans les ramifications obliques.