Le trait mécanique le plus marqué du S2000 réside dans le rapport élevé entre la largeur réduite de ses bandes médianes et le nombre d’entailles qui les traversent. Chaque portion de gomme centrale forme ainsi un petit pont relativement compliant plutôt qu’un appui fortement verrouillé. Cette architecture peut mieux épouser la microrugosité du revêtement, mais elle offre moins de résistance à la torsion lors des sollicitations brusques de freinage ou de braquage.
La différence de gabarit entre les éléments médians et périphériques crée également un gradient de rigidité transversal. La charge statique est reprise par une succession de petits appuis au milieu et par des assises plus importantes près des bords. Cette répartition rend l’empreinte plus sensible au carrossage: un réglage qui déplace durablement la charge vers un côté peut solliciter de façon disproportionnée l’une des rangées périphériques.
Les passages circonférentiels, droits et assez resserrés, laissent une proportion importante de gomme porteuse. Ils maintiennent en revanche des fentes susceptibles de retenir de petits gravillons, surtout lorsqu’un corps étranger se coince entre deux parois presque parallèles.
En roulage, l’orientation très longitudinale des rangées limite leur dérive latérale sur un revêtement uniforme et favorise un guidage net autour du point milieu. La contrepartie apparaît sur les chaussées rainurées: les arêtes circonférentielles peuvent chercher à suivre les sillons et transmettre de petites corrections au volant.
Sous un couple de freinage, les bandes centrales étroites et découpées se vrillent successivement. La montée en effort peut ainsi être progressive, mais moins instantanée qu’avec des appuis centraux plus massifs. Ces micromouvements concentrés aux extrémités des entailles peuvent aussi accroître localement la dissipation thermique lors d’une conduite répétant les fortes décélérations.
Enfin, les découpes transversales courtes des épaules produisent une succession régulière de bords d’attaque et de fuite. Lors des phases motrices et des freinages fréquents, le bord de fuite de chaque segment peut se charger davantage que le bord d’attaque, ce qui expose ces rangées à une usure en talon-pointe. Cette tendance est particulièrement liée au contraste entre la longueur circonférentielle des blocs d’épaule et la faible portée de leurs découpes transversales.